Plastiques IPL (re)vendue à des étrangers

Une firme irlandaise vient de céder l’entreprise québécoise fondée en 1939 à des Américains

La plus grosse usine de Plastiques IPL est située à Saint-Damien-de-Buckland, dans Bellechasse.

PHOTO COURTOISIELa plus grosse usine de Plastiques IPL est située à Saint-Damien-de-Buckland, dans Bellechasse.

Plastiques IPL continue de se faire ballotter par des investisseurs étrangers. Après avoir été acquise par une firme irlandaise, l’entreprise québécoise passe maintenant aux mains de Madison Dearborn, un fonds de Chicago.

 

Sébastien Bourget, maire de Saint-Damien-de-Buckland, où se trouve la plus importante usine du fabricant de contenants en plastique, espère que la transaction aura pour effet d’améliorer les relations entre l’entreprise et la région de Bellechasse.

« Depuis l’acquisition par la firme irlandaise [One51], IPL est très, très loin de la communauté », note-t-il.

Fondée en 1939 par Joseph-Émile Métivier sous le nom d’Industries Provinciales Ltée, IPL a été vendue à la firme québécoise Novacap et au Fonds de solidarité FTQ en 2010, puis a été cédée à One51 en 2015.

« L’espoir de voir IPL redevenir un citoyen corporatif aussi impliqué qu’il l’était dans le temps de la famille Métivier, je pense que c’est croire aux licornes, lance le maire. [Madison Dearborn] demeure quand même une firme étrangère qui n’a pas vraiment d’attache à Saint-Damien, mais par contre, s’il y a une meilleure collaboration entre l’entreprise et la Municipalité, ça va être bien tant mieux. Ça ne peut pas être pire que ce que c’est présentement. »

La Caisse toujours là

Le Fonds FTQ vendra sa participation restante de 8,7 % dans IPL, tout comme Investissement Québec, qui détient 1,4 % de l’entreprise.

La Caisse de dépôt demeurera actionnaire d’IPL, mais ses intérêts dans l’entreprise passeront de 26,9 % à 24,9 %.

Le bas de laine des Québécois dit avoir obtenu de Madison Dearborn des garanties quant au maintien du « siège social nord-américain » d’IPL à Montréal de même qu’à la poursuite des activités de l’usine et du centre d’innovation de Saint-Damien.

Or, lors du retour d’IPL à la Bourse de Toronto, en juin 2018, l’entreprise s’était engagée par écrit auprès de la Caisse à ne pas « nuire au maintien au Québec » de son siège social mondial.

Ce siège est officiellement situé à Montréal, mais un seul des cinq hauts dirigeants d’IPL – le chef des affaires juridiques, Christian Marcoux – habite au Québec. Les autres travaillent à partir de Dublin. Le site web de l’entreprise n’est qu’en anglais.

Madison Dearborn paiera 10 $ pour chacune des actions d’IPL, un prix bien inférieur à celui de 13,50 $ auquel les titres avaient été inscrits en Bourse, il y a deux ans. La transaction attribue une valeur de 981 M$ à l’entreprise (en incluant la dette).

Le mois dernier, IPL avait annoncé le licenciement d’une centaine de travailleurs à Saint-Damien, mais les suppressions de postes n’ont pas encore eu lieu.

« Les activités reprennent énormément, confie un salarié qui a requis l’anonymat. Il y a des gens qui rentrent en temps supplémentaire. Ils veulent même recruter une quinzaine de personnes. »