La CDPQ affiche un rendement de 7.7% en 2020

  • L’actif net des déposants atteint 365,5 G$
  • Un rendement de 7,8 % sur 5 ans, légèrement au-dessus de son portefeuille de référence à 7,6 %
  • Près de 200 G$ de résultats de placement sur 10 ans
La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) publie aujourd’hui ses résultats financiers pour l’exercice terminé le 31 décembre 2020. Le rendement moyen pondéré des fonds de ses déposants s’établit à 7,7 % en 2020, ce qui représente 24,8 G$ de résultats de placement. Sur cinq et dix ans, les rendements annualisés atteignent 7,8 % et 8,6 % respectivement.Les rendements des huit déposants principaux de la CDPQ s’établissent entre 6,5 % et 9,0 % sur un an. Cet écart s’explique par leurs politiques de placement, lesquelles diffèrent en raison notamment de leurs objectifs de rendement, de leur tolérance au risque et de leur horizon d’investissement. Sur cinq ans, leurs rendements annualisés se situent entre 7,0 % et 8,3 %, et sur dix ans entre 8,0 % et 9,3 %. Rappelons qu’à long terme, les besoins des déposants sont en moyenne de 6 %.

Au 31 décembre 2020, l’actif net de la CDPQ totalise 365,5 G$, en hausse de 117,5 G$ sur cinq ans grâce à des résultats de placement de 110,7 G$ et des dépôts nets de 6,8 G$. Sur dix ans, les résultats de placement s’élèvent à 198,0 G$ et les dépôts nets à 15,7 G$.

Pour ses déposants, la CDPQ a dégagé une valeur ajoutée de 1,7 G$ depuis cinq ans par rapport à son portefeuille de référence et de 9,3 G$ depuis dix ans.

À l’issue d’une année hors norme, la CDPQ présente un rendement inférieur de 1,5 % à son indice, principalement attribuable au portefeuille Immeubles qui a connu une contre performance en raison de l’impact de la pandémie sur ses centres commerciaux et ses immeubles de bureaux. À l’inverse, le portefeuille Infrastructures a surpassé son indice de référence. La catégorie Revenu fixe a également dépassé son indice, tandis que la catégorie Actions a affiché une performance en ligne avec le sien.

Évolution de l'actif net sur cinq ans.

« Face à un environnement inédit, marqué par de forts contrastes entre les différentes catégories d’actif, la CDPQ a produit des rendements qui, au global, répondent aux besoins de ses déposants », a déclaré Charles Emond, président et chef de la direction de la CDPQ. « En 2020, nos placements privés ont généré un rendement élevé, et notre stratégie de crédit privé en revenu fixe a continué d’offrir une valeur ajoutée attrayante. Notre portefeuille d’infrastructures a aussi bien réagi grâce à sa diversification et nos équipes ont conclu plusieurs transactions de qualité dans un marché compétitif. Cela dit, nous travaillons à mieux positionner certaines de nos activités pour les prochaines années. En immobilier, des secteurs continuent de faire face à des défis de taille, accentués par les impacts de la pandémie. Au cours de l’année, nous avons d’ailleurs poursuivi la transition de ce portefeuille, incluant plusieurs acquisitions dans des secteurs d’avenir », a-t-il ajouté.

Les rendements 2020 de la CDPQ se sont inscrits dans un contexte de marché particulier. Après avoir chuté avec une violence hors norme, les bourses mondiales ont rebondi rapidement au deuxième trimestre de l’année, profitant des mesures exceptionnelles mises en place par les gouvernements et les banques centrales pour maintenir leur économie à flot. Quelques titres technologiques ont aussi été propulsés par l’accélération des tendances dans la foulée de la pandémie, si bien que le poids de ces grandes capitalisations dans les indices mondiaux atteint désormais des niveaux records. L’année s’est conclue sur l’impulsion créée par l’annonce de l’arrivée de nouveaux vaccins. Parallèlement, l’incertitude a précipité la tendance baissière des taux, ce qui a profité aux marchés obligataires. En revanche, certains actifs réels, notamment les centres commerciaux, les bureaux et les infrastructures de transport, ont été et demeurent durement touchés par les mesures de confinement à l’échelle de la planète.

« La pandémie a ébranlé l’économie mondiale en 2020 et illustré – encore davantage – l’écart entre les valorisations boursières et la croissance réelle des entreprises. Les prochaines années continueront d’être exigeantes en raison de ses conséquences économiques, des taux d’intérêt au plancher et des niveaux d’évaluation élevés dans plusieurs secteurs. Nous devons demeurer rigoureux dans la gestion de nos actifs, continuer de miser sur notre diversification qui nous permet de créer de la valeur à long terme, tout en étant à l’affût des nouvelles tendances qui se développent », a conclu M. Emond.

Mesures face à la crise et nouvelles initiatives pour saisir les occasions futures

L’année 2020 a été caractérisée par deux grandes phases : la première, durant les six premiers mois, où la CDPQ a mis en place rapidement différentes mesures pour affronter la crise, protéger le capital des déposants et aussi profiter d’occasions d’investissement. Au second semestre, l’organisation a pu se concentrer sur la mise en œuvre de nouvelles approches, notamment en technologies et dans ses activités internationales, pour maximiser l’impact de ses équipes.

Dès le début de la crise, la CDPQ était pleinement opérationnelle et a pris des mesures concrètes pour assurer une coordination accrue entre ses portefeuilles, cerner les secteurs d’avenir et les risques potentiels, et saisir des occasions d’investissement attrayantes. Ces mesures incluaient :

  • Une revue de l’ensemble des actifs en portefeuille;
  • Un pilotage global et coordonné de la stratégie, de la construction de portefeuille et des risques;
  • Une gestion prudente des liquidités;
  • Une évaluation exhaustive des besoins de refinancement des sociétés en portefeuille ayant conduit à la réalisation de plusieurs milliards de financement sur les marchés;
  • Un déploiement rigoureux en revenu fixe, notamment dans les marchés publics au plus fort de la crise, avec un accent sur les titres obligataires de qualité (investment grade);
  • Des investissements de plusieurs milliards de dollars sur les marchés boursiers en mars et en avril, à la suite de la correction importante des marchés.

Devant les difficultés engendrées par la pandémie, le repositionnement du portefeuille immobilier s’est aussi accéléré. Ivanhoé Cambridge a ainsi notamment porté une attention particulière à sa plateforme de centres commerciaux au Canada. Considérant les besoins en pleine évolution du secteur immobilier, la filiale dirige la croissance du portefeuille vers des créneaux porteurs comme les secteurs industriel, logistique et résidentiel.

Au deuxième semestre, l’accent a été mis sur l’optimisation de la structure de la CDPQ afin de la rendre encore plus efficace pour saisir les occasions d’affaires dans certains secteurs, et de mieux coordonner son approche dans les marchés internationaux. Elle a ainsi créé CDPQ mondial, une structure intégrée de ses activités internationales, qui a pour mandat de piloter de façon globale la présence de l’organisation dans les différentes régions du monde et ses relations avec ses diverses parties prenantes, incluant des partenaires d’investissement et des organismes multilatéraux.

Dans un contexte d’investissement en transformation, les équipes ont également amorcé l’évolution du portefeuille Marchés boursiers pour mieux le positionner pour la nouvelle décennie. Cette crise atypique a en effet fait ressortir certains biais de style importants qui ont affecté la performance du portefeuille. L’optimisation de celui-ci, entamée en deuxième moitié d’année pour notamment mieux bénéficier de la performance de certains titres de croissance auquel il était moins exposé, permettra d’élargir son univers d’investissement et d’obtenir une exposition de styles plus complémentaire.

De plus, afin d’améliorer son impact en technologies et d’en faire un véritable levier de performance, la CDPQ a mis en place une stratégie intégrée, reposant sur trois axes : anticiper et profiter des occasions d’investissement créées par les technologies et les nouveaux modèles d’affaires; protéger le capital investi en intégrant systématiquement le facteur technologique dans la gestion des risques; et poursuivre la transformation des pratiques d’affaires pour tirer pleinement parti des technologies numériques pour augmenter son agilité et sa performance.

Faits saillants des résultats et réalisations

Faits saillants des résultats et réalisations.

Revenu fixe : une stratégie profitable en crédit

Il y a quatre ans, la CDPQ a amorcé un repositionnement stratégique de ses activités de revenu fixe afin d’augmenter ses activités de crédit privé, un segment plus performant que celui des obligations traditionnelles sur le long terme. Ce virage s’est avéré profitable et a permis de générer une valeur ajoutée de 3,3 G$ depuis 2017 grâce à la bonne tenue du crédit aux entreprises, du financement en infrastructures, du crédit immobilier et du crédit gouvernemental.

Sur cinq ans, la catégorie Revenu fixe affiche un rendement de 5,3 % et une valeur ajoutée de 4,5 G$ par rapport à son indice de référence, principalement attribuables aux activités de crédit gouvernemental, de crédit immobilier et de crédit aux entreprises. Pour l’exercice 2020, la performance de 9,0 %, qui dépasse également celle de son indice, à 8,2 %, est portée entre autres par la forte baisse des taux au Canada et aux États-Unis, et par le rendement courant élevé des créances privées et immobilières.

Au cours de la dernière année, l’équipe a réalisé des investissements dans des secteurs tels que les services financiers et celui des assurances, au Canada comme à l’international. D’ailleurs, la CDPQ a pris part en Europe, avec ses partenaires, à un engagement de 1,875 G£, soit la plus grande transaction sous forme de financement unitranche à l’échelle mondiale, auprès de The Ardonagh Group, le plus important courtier d’assurance indépendant du Royaume Uni. Elle a aussi investi en dette dans Titan Aircraft Investments Ltd., un fournisseur de solutions de fret aérien de premier plan, dans le cadre d’une entente de financement de 300 M$ US aux côtés de ses partenaires. Finalement, la CDPQ a agi comme prêteur principal lors de l’acquisition de Logibec, un chef de file en solutions et logiciels d’application en soins de santé au Québec, par Novacap et Investissement Québec.

Actifs réels : un repositionnement du portefeuille immobilier et une diversification avantageuse des actifs en infrastructures

Portefeuille Immeubles

Sur cinq ans, le portefeuille Immeubles présente un rendement de 1,1 %, comparativement à 5,3 % pour son indice. Cette sous-performance est expliquée par un poids important dans le secteur des centres commerciaux qui a fait face, dans les dernières années, à des défis de taille. La pandémie, qui a frappé de plein fouet les centres commerciaux, explique également la contre performance du portefeuille sur un an, avec un rendement de -15,6 %, comparativement à son indice, à -1,7 %. Bien que le secteur des centres commerciaux ait souffert davantage de la crise, le secteur des immeubles de bureaux a aussi été affecté par les mesures de confinement qui ont vidé les centres-villes à travers le monde.

Dans ce contexte, Ivanhoé Cambridge a accéléré la mise en œuvre de son plan d’action, annoncé au début de 2020. La filiale progresse dans l’optimisation de sa structure, la transformation des centres commerciaux et le repositionnement de ses activités dans des secteurs comme la logistique ou dans des projets à vocation mixte, qui intègrent à la fois les secteurs commercial, résidentiel et des bureaux, et ce, afin de mieux répondre aux besoins et nouveaux usages des communautés locales. Bien que ce plan soit ambitieux, de par la taille et la nature des actifs du portefeuille immobilier, et qu’il est exécuté de façon ordonnée, le repositionnement en cours s’est reflété dans les activités d’Ivanhoé Cambridge au cours de l’exercice 2020. La filiale immobilière de la CDPQ a ainsi réalisé plus de 70 transactions alignées sur ses priorités stratégiques. Totalisant 8,7 G$, ces transactions incluent 3,9 G$ d’acquisitions, 2,8 G$ de cessions stratégiques, et 2,0 G$ d’investissements en capital à des fins de développement ou de redéveloppement, dans des actifs comme IDI Logistics aux États-Unis, ou encore les tours DUO en France.

Dans le secteur logistique, Ivanhoé Cambridge a entre autres lancé en Asie, aux côtés de LOGOS, son quatrième véhicule de développement en logistique, d’une capacité de 800 M$ US, mettant à profit le succès des trois plateformes précédentes. Également avec LOGOS, elle a acquis un site de développement dans l’une des principales zones industrielles de Melbourne, afin d’y créer une plateforme de 230 M$. En France, la filiale immobilière a fait l’acquisition au premier semestre de Hub&Flow, un portefeuille de 17 actifs logistiques au sein des hubs parisiens et lyonnais, auquel elle a ajouté une plateforme de 36 000 m2 située à Roye, entre Paris et Lille, renforçant son exposition au secteur. Dans le secteur des résidences et des campus, Ivanhoé Cambridge est notamment devenue l’actionnaire majoritaire d’une plateforme de développement de logements destinés aux étudiants et aux jeunes professionnels en région parisienne.

Elle a en outre fait l’acquisition de Joya, un projet de campus de bureaux de 50 000 m² qui proposera des surfaces adaptables misant sur la flexibilité d’aménagement, et a investi aux côtés de RHP Properties dans des communautés de maisons préfabriquées aux États-Unis, un des secteurs immobiliers les plus résilients depuis le début de la crise.

Portefeuille Infrastructures

En infrastructures, le portefeuille atteint 31,7 G$. Sur cinq ans, il affiche un rendement de 8,9 %, contre un indice à 9,1 %. Sa performance est attribuable presque à parts égales à l’appréciation de la valeur des actifs, entre autres dans les secteurs de l’énergie renouvelable et des ports, et à leur rendement courant élevé. Sur un an, le portefeuille affiche un rendement de 5,1 %, malgré des actifs aéroportuaires, représentant près de 10 % du portefeuille, durement touchés par la pandémie, surtout en Europe. Cette performance s’explique par la grande diversification du portefeuille, qui comprend des investissements dans des secteurs comme les télécommunications, en plus des énergies renouvelables. Son rendement est supérieur à celui de son indice, qui affiche 0,5 %, ce qui génère près de 1 G$ de valeur ajoutée.

L’année 2020 a été particulièrement active pour l’équipe d’infrastructures, avec des transactions aux États Unis, en Amérique latine, en Europe et en Asie. Parmi celles-ci, on compte l’expansion de la plateforme mondiale d’investissements portuaires avec DP World pour la porter à 8,2 G$ US, l’acquisition de Plenary Americas, un chef de file en matière d’investissement, de développement et d’exploitation d’infrastructures publiques en Amérique du Nord, et une participation minoritaire dans le groupe Colisée, l’un des principaux acteurs du secteur des maisons de retraite en Europe, basé en France. Des investissements majeurs ont aussi été réalisés en énergie renouvelable, un secteur qui a contribué à la performance du portefeuille ces dernières années. Notons entre autres un engagement de 1 G$ US dans la société Invenergy Renewables, le plus important promoteur, propriétaire et exploitant privé de projets éoliens et solaires en Amérique du Nord, et un premier investissement en infrastructures à Taïwan, dans le parc éolien en mer Grand Changhua 1, dont le montant total de la transaction s’élève à 3,4 G$.

Actions : une performance en ligne avec son indice

La catégorie Actions comprend les portefeuilles Marchés boursiers et Placements privés, aux profils rendement-risque différents. Au cours des dernières années, la catégorie a ainsi pu afficher une performance en ligne avec son indice, grâce à des expositions complémentaires.

Portefeuille Marchés boursiers

Sur cinq ans, le portefeuille Marchés boursiers génère un rendement de 9,4 %, légèrement inférieur à celui de son indice, qui affiche 9,8 %. Sur la période, le rendement s’explique notamment par la hausse soutenue des grandes entreprises américaines et par la contribution des entreprises technologiques en croissance en Asie. Sur un an, le portefeuille affiche 8,3 %, aussi porté par l’excellente tenue des bourses de grands pays asiatiques, reflétée par la bonne performance du mandat Marchés en croissance. Le portefeuille subit par contre les contrecoups de son exposition importante au marché canadien, qui a moins progressé que ceux des autres pays dans cette année particulière.

Toujours sur un an, l’écart entre le rendement en marchés boursiers et celui de 12,9 % de l’indice s’explique par certains biais de style de gestion importants, le portefeuille ayant été exposé de façon prédominante à des titres de plus faible volatilité, qui ont un profil plus défensif. Ces biais ont donc limité l’exposition aux grands titres technologiques et à ceux à forte croissance, dans une année marquée par la hausse exceptionnelle des titres d’une poignée de géants du Web, dont la performance 2020 a représenté, à titre d’exemple, près de 70 % du rendement de l’indice S&P 500.

Portefeuille Placements privés

Au sein de la catégorie Actions, le portefeuille Placements privés atteint 64,3 G$, fruit d’excellents résultats des sociétés en portefeuille, alors qu’il produit 9,0 G$ de valeur ajoutée sur cinq ans, dont 4,9 G$ en 2020. Sur cinq ans, il génère 14,9 %, un rendement au-dessus de son indice, qui se situe à 9,9 %. Sa performance s’explique entre autres par une exposition à des secteurs porteurs et par le travail en gestion post investissement, un axe important de la stratégie qui consiste à créer de la valeur par un accompagnement opérationnel auprès des sociétés en portefeuille.

Sur un an, le portefeuille affiche 20,7 % et performe largement au dessus de son indice, à 9,9 %. Ce résultat est aussi attribuable au choix stratégique de secteurs, notamment les technologies ou encore les soins de santé et les services. La stratégie de fonds, qui se définit par une sélection rigoureuse de gestionnaires externes avec des approches complémentaires à celles de la CDPQ, a également contribué à la performance.

Au cours de l’année, on compte parmi les investissements une transaction dans le secteur des assurances, avec la création d’Inigo au Royaume-Uni, et un investissement de 200 M$ US dans Zevia, une société américaine qui offre une gamme de boissons naturelles, afin de lui permettre de poursuivre son expansion mondiale. La CDPQ a aussi conclu une entente majeure pour investir dans Alstom, dans le cadre de l’acquisition par cette dernière de Bombardier Transport (BT), donnant ainsi naissance au deuxième acteur de la mobilité à l’échelle mondiale. À la clôture de la transaction, en janvier 2021, la CDPQ avait investi environ 4 G$, pour 17,5 % du capital de la société. L’entente avec Alstom comprend également la présence d’administrateurs et des engagements structurants pour le Québec.

Québec : un investisseur actif pour contribuer à la relance et bâtir à long terme

Au Québec, la CDPQ est demeurée très active, dans un contexte où la pandémie a engendré beaucoup d’incertitude. Dès le début de celle-ci, elle a créé une enveloppe de 4 G$, dont près de la moitié des sommes sont allouées ou en voie de l’être, afin de permettre aux entreprises de traverser la crise, et de les soutenir et de propulser leur plan de relance par la suite. Des entreprises qui étaient performantes avant la crise, mais dont les industries ont connu des difficultés dans la dernière année, ont pu bénéficier de cette enveloppe. Pensons à des investissements dans CAE, leader du secteur aéronautique, ou encore dans Hopper, qui s’est distinguée au cours des dernières années dans le commerce du voyage en ligne.

En 2020, l’actif total au Québec a atteint 68,3 G$, dont 50 G$ dans le secteur privé. Ainsi, le secteur privé a connu une hausse de 30 G$ sur dix ans, soit de 150 %. La CDPQ a également fait évoluer son approche, afin qu’elle puisse tirer profit d’un monde en plein changement, tout en permettant aux entreprises du Québec d’être bien positionnées dans la relance, de même qu’à plus long terme.

Évolution de l’actif au Québec dans le secteur privé.
Dotée d’une stratégie articulée autour de quatre piliers, soit la croissance, la mondialisation, le bond technologique, et l’économie et les milieux de vie durables, la CDPQ a réalisé de nouveaux investissements et engagements au Québec de l’ordre de 3,1 G$ en 2020.Croissance

En 2020, la CDPQ a continué d’appuyer les entreprises dans la réalisation de leurs ambitions de croissance. Parmi les transactions de l’année, on compte des investissements dans WSP, l’une des plus grandes firmes de services professionnels au monde; Medicom, l’un des principaux fabricants et distributeurs de fournitures médicales à l’échelle mondiale; LCI Éducation, un important réseau québécois d’établissements d’enseignement postsecondaire avec un objectif de repreneuriat familial; ainsi que le rapatriement des activités canadiennes du Groupe Canam au Québec, dans le cadre d’une transaction avec Placements CMI (la famille Dutil) et le Fonds de solidarité FTQ.

En plus de ses initiatives visant à soutenir le dynamisme de l’entrepreneuriat québécois, la CDPQ a poursuivi ses efforts pour encourager l’entrepreneuriat au féminin, notamment par la création, en collaboration avec le Réseau des Femmes d’affaires du Québec, de la base de données RFAQ+, dont l’objectif est de répertorier les entreprises à propriété féminine québécoises et de favoriser leur maillage avec des grands donneurs d’ordres. En partenariat avec Premières en affaires, la CDPQ a aussi contribué en 2020 au tout premier palmarès exclusivement dédié aux entreprises au féminin du Québec.

Mondialisation

Au cours de l’année, les équipes de la CDPQ ont aussi accompagné les entreprises à travers des séries d’acquisitions, pour faciliter leur expansion sur les marchés mondiaux. Parmi les transactions clés, notons des investissements qui ont permis à Eddyfi, l’une des plus grandes sociétés privées dans la région de Québec et leader des technologies d’inspection non destructives, de faire les acquisitions de NDT Global, une entreprise basée en Irlande, ainsi que de la société norvégienne Halfwave. La CDPQ a aussi soutenu l’acquisition de Zobele Group par KDC/ONE, un des manufacturiers les plus novateurs au monde, et celle de HyGear aux Pays-Bas par Xebec, fournisseur mondial de solutions d’énergie propre.

Bond technologique

La technologie étant indispensable à la croissance de l’économie et à la compétitivité des sociétés, la CDPQ a continué d’appuyer en 2020 les entreprises dans leur virage numérique, tout en investissant dans celles qui font de la technologie leur modèle d’affaires. Parmi celles-ci, notons Nuvei, qui a connu la plus importante entrée en bourse pour une entreprise technologique dans l’histoire de la Bourse de Toronto, et Lightspeed, qui a fait son introduction à la Bourse de New York après être devenue la première licorne québécoise à faire son entrée en bourse l’année précédente, à Toronto.

La CDPQ a aussi investi dans Dialogue, chef de file en télémédecine au Canada, et dans Monarques Gold, afin que l’entreprise puisse intégrer de nouvelles technologies en intelligence artificielle pour optimiser sa performance.

Au cours de l’année, la CDPQ a également réalisé un investissement dans Intact Corporation financière afin de l’appuyer dans son projet d’acquisition des opérations canadiennes, britanniques et internationales de RSA Insurance Group plc (RSA). Cette entente comporte plusieurs retombées financières et technologiques pour l’économie québécoise, dont un investissement par l’entreprise de 1,5 G$ en technologies et la croissance de ses équipes dans ce secteur, ainsi que l’expansion de ses activités de gestion d’actifs au Québec.

Économie et milieux de vie durables

La CDPQ, par le biais de ses investissements et projets structurants, contribue à un avenir plus durable. En 2020, elle a réinvesti dans des sociétés comme AddÉnergie, leader des bornes de recharge pour véhicules électriques, et Sollio, plus importante coopérative agricole au pays et dont les activités répondent aux besoins essentiels des collectivités.

Du côté de CDPQ Infra, les travaux du REM ont continué d’avancer, malgré les défis de la pandémie. En effet, plusieurs jalons ont été franchis, dont l’arrivée des quatre premières voitures. Avec les impacts de la COVID‑19, l’échéancier de ce projet majeur, qui compte une vingtaine de chantiers et 2 000 ouvriers et travailleurs à pied d’œuvre, a été revu de quelques mois. Ainsi, la mise en service de la première antenne, soit celle reliant la station Brossard à la gare Centrale, est désormais planifiée au printemps/été 2022. Un nouveau projet a également été présenté en fin d’année, soit un réseau additionnel de 32 km de métro léger et de 23 nouvelles stations dans l’est de Montréal. Sa phase de développement s’étendra sur toute l’année 2021, et comprendra la collecte et l’analyse des informations relatives aux différents sites, les consultations publiques avec les parties prenantes du projet, la réalisation de l’étude d’impact environnemental ainsi que la conduite des audiences publiques du BAPE.

Finalement, malgré les impacts de la crise sur sa performance et le repositionnement en cours de son portefeuille, Ivanhoé Cambridge a continué à gérer de façon soutenue son parc immobilier au centre-ville de Montréal. La filiale immobilière a signé des ententes avec plusieurs locataires pour ses tours de bureaux au cœur de la métropole, dont Behavox à la Maison Manuvie; Dentons, Mercer, Marsh et Oliver Wyman au 1 PVM, et SAP au 5 PVM représentant une superficie de plus de 210 000 pi2. La filiale immobilière s’est aussi associée, en pleine crise et devant une évolution rapide des tendances de consommation, à Lightspeed, afin d’offrir des services infonuagiques gratuits et entièrement intégrés aux petits et moyens locataires et restaurateurs dans les centres commerciaux d’Ivanhoé Cambridge au Canada.

Un leadership renforcé en investissement durable

Au cours de l’année 2020, la CDPQ a continué ses efforts en matière d’investissement durable. Elle a ainsi poursuivi sa stratégie pour faire face aux changements climatiques, qui inclut une cible de réduction de son empreinte carbone de 25 % par dollar investi d’ici 2025, et a doublé ses investissements sobres en carbone depuis le lancement de son approche, en 2017. Ce faisant, la CDPQ est devenue l’un des plus grands investisseurs à l’échelle mondiale dans les actifs durables. Parmi les transactions du dernier exercice, en plus de celles mentionnées précédemment, figure la création d’une première plateforme destinée aux actifs renouvelables en Espagne, composée de 73 actifs solaires et appelée à grandir.

La CDPQ est aussi un membre actif de l’Alliance Net-Zéro, une initiative fondée en 2019 regroupant certains des plus grands investisseurs engagés à construire des portefeuilles neutres en carbone d’ici 2050. Elle est également cofondatrice du Réseau de leadership d’investisseurs (ILN), créé en 2018, qui a adapté l’ensemble de ses activités aux conditions de pandémie dans la dernière année, pour proposer différentes initiatives, dont la publication d’un guide d’évaluation de scénarios sur les changements climatiques. La CDPQ a de plus signé en novembre 2020 la déclaration des Maple 8, impliquant les huit plus grands gestionnaires de placements de régimes de retraite du Canada, afin d’inciter les entreprises et les investisseurs à contribuer à une croissance économique durable et inclusive par de meilleures divulgations et redditions de comptes ESG.

Finalement, la CDPQ a pris des engagements clairs en matière de diversité, un moteur de performance à long terme pour les entreprises, en devenant signataire de l’initiative pancanadienne BlackNorth. Elle a aussi créé Équité 253, un fonds d’investissement de 250 M$ qui vise à accroître la diversité et l’inclusion dans les entreprises du Québec et d’ailleurs au Canada. Avec ce fonds, la CDPQ propose le plus important fonds jamais créé à l’échelle nationale ciblant directement la diversité comme vecteur de développement et de croissance.

Plus de détails, y compris la progression de la CDPQ par rapport à ses cibles climatiques, seront présentés dans le Rapport d’investissement durable, publié au printemps.

Informations financières

Les charges d’exploitation de la CDPQ, incluant les frais de gestion externe, se sont élevées à 757 M$ en 2020. Le ratio des dépenses s’est établi au même niveau qu’en 2019, à 23 cents par 100 $ d’actif net moyen, qui se compare très favorablement à celui de son industrie.

La CDPQ affiche aussi un bon niveau de liquidités, qui lui permet d’assurer le respect des engagements potentiels et de faire face aux événements de marché. Les agences de notation ont pour leur part réaffirmé les cotes de crédit de première qualité de la CDPQ avec une perspective stable, soit AAA (DBRS), AAA (S&P), Aaa (Moody’s) et AAA (Fitch Ratings).